L'Histoire de Vouillé

Le nom de Vouillé qui apparaît en 1271 viendrait du vieux latin voclad "fossé profond" ou de vallis clara "vallée claire". C’est dire que la vallée du Lambon a déterminé l’origine du village. Aujourd’hui cette vallée est le patrimoine vert de la commune qui vise à en préserver la richesse environnementale.

Répartis en cinq villages : le Bourg, Arthenay, Gascougnolles, La Rivière et Vaumoreau.


Historique : L’occupation humaine est très ancienne puisque des traces remontant à l’âge du fer ont été retrouvées à Vaumoreau, et un enclos probablement de la même époque à la Roche-Marion. A la Prévise un site occupé du moustérien à l’époque carolingienne. La Motte est peut-être l’emplacement d’un tumulus ou d’un site défensif. Enfin des vestiges d’une déviation du Lambon vers un moulin antique ont été mises à jour aux Douves.

De nos jours, on peut lire l’histoire de Vouillé dans ses bâtiments remarquables.

D’abord, l’église Notre-Dame qui date du XIIè siècle a été reconstruite aux XIVè et XVè. Elle est classée depuis 1964. Les modifications se lisent sur les murs, et on peut observer au nord les voussures d’une entrée décorée d’étoiles de mer. Les vitraux XIXè et certains chapiteaux méritent attention. L’ensemble massif et solide avec le clocher carré a retrouvé une belle homogénéité depuis sa récente restauration. Selon le plan napoléonien de 1834, le cimetière se trouvait entre l’église et la boucle de la rue de la Guitonnière.

La propriété la plus importante était le logis du grand lac, dont l’escalier du XVè siècle va être conservé. Car un lac, en réalité une mare, occupait le carrefour central, à la place du Monument aux Morts érigé en 1921, qui va être transféré en 2007.

Proche de ce centre bourg, le château de La Barre, construit en 1852, et restauré est devenu la mairie en 2000. Le parc qui l’entoure est en cours d’aménagement. Ne restent que le nom, le souvenir, l’emplacement et la disposition cadastrale, du château de Gascougnolles démoli vers 1810.

En revanche le château néo-classique de la Salmondière a été reconstruit vers 1830. Ce fut le château de la famille d’Assailly, en particulier de Geneviève d’Assailly, auteur d’un guide du savoir-vivre encore dans les années 1950 et épouse de l’éditeur René Julliard : ils ont leur tombe dans un carré jouxtant le cimetière.

Hormis cela l’architecture ne comporte pas d’élément architectural fort. Mais on peut voir nombre de maisons de maîtres restaurées, de fermettes, de longères. Et les éléments d’architecture rurale sont nombreux : granges à piliers de pierre, pigeonniers, avancées de toit. Surtout la commune se caractérise par une pierre calcaire abondante exploitée à partir de nombreuses galeries souterraines, qui a servi aussi à ériger de nombreux murs en pierre sèche, qui subsistent aux abords des villages et structurent encore certains quartiers, ou qui délimitent des venelles.


Les Dragonnades : N’oublions pas que le protestantisme a été particulièrement présent dans le triangle Niort- Melle- Saint-Maixent. Ce qui explique encore aujourd’hui la persistance de nombre de cimetières privés dans la campagne. Les dragonnades, dans la seconde partie du règne de Louis XIV, furent particulièrement sévères. Si le calvaire de Jean Migault qui a donné son nom à une rue de Niort est connu, on sait moins qu’on brutalisa Abraham Papot de Vaumoreau, condamné à verser 182 livres d’argent avant qu’on enlève toutes les tuiles du toit...Deux autres habitants de Vaumoreau, furent poursuivis : Claude Champion passa sept ans en prison dont deux à la Bastille (1705-1706), et Jacques Benest fut dénoncé après son retour à la religion d’état comme mauvais converti. En 1688, un protestant de Vouillé, Daniel Monnet, fut condamné à ramer sur les galères du roi et y mourut. La même année le père et le fils Magnou de Gascougnolles périrent à Aigonnay avec quinze autres protestants dans le massacre du Grand-Ry.


Réalité et légende : La pierre de Champ-Arnaud, mégalithe seul rescapé de trois après le premier remembrement, se trouve au sud de la commune, à l’est de l’aire Poitou-Charentes. Cette pierre de calcaire dur, silicieux, alvéolé, longue de 3,25 mètres, serait le reste d’un dolmen détruit. La tradition populaire liée à la fée Mélusine est très inscrite en Poitou. Elle aurait laissé choir cette pierre de son tablier en allant construire le château Salbart...


Ernest Pérochon : L’écrivain arrive comme instituteur à Vouillé en 1913. Hormis la période de guerre il est encore à Vouillé lorsqu’il reçoit le prix Goncourt en 1920 pour Nène roman terminé à Vouillé (Deux-Sèvres), le 31 mai 1914. Les histoires locales lui ont servi de matériau de départ pour nombre de ses livres, puisqu’il se les faisait raconter par les anciens, et les notait de retour chez lui. On y retrouve aussi les noms de lieux et toute la vie de l’époque. Une association défend cette œuvre aussi importante concernant le mode rural, que celle de Zola pour le monde ouvrier. Une réédition des romans est en cours, le premier tome paru à l’automne 2006.


Vouillé aujourd’hui : C’est une commune en pleine expansion démographique. La population est passée de 1622h en 1975 à 2128 en 1982, puis 2771 en 1999. Un recensement complémentaire a compté 3317 h début 2005. En pleine expansion aussi sur le plan de l’équipement puisque dix commerces se sont installés au centre bourg autour de la Place des 5 Villages.
Cela conforte l’attraction créée par le marché du dimanche matin.